L’Estonie, une start-up nation
- Isaure VL

- Jun 26, 2019
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Updated: Jun 27, 2019
Innovante, projective, l’Estonie est surnommée la Silicone Valley de l’Europe, et elle n’en finit pas de surprendre.
Qui sait aujourd’hui que Skype, logiciel révolutionnaire en 2003, permettant aux utilisateurs de passer gratuitement des appels téléphoniques ou vidéo via internet, a été développé par trois programmeurs Estoniens aux cotés d’un Danois et d’un Suédois fondateurs de la société.
L’effet Skype a ouvert des portes inattendues à ce petit pays sous domination soviétique pendant plus de 50 ans, et indépendant depuis 1991. Cet esprit de recherche et d’innovation a eu pour effet de faire naître une culture dynamique de l’entrepreneuriat et de l’investissement, et a permis l’émergence de licornes dans ce petit pays devenu européen en 2004.

Aujourd’hui le temps moyen pour créer sa start-up en Estonie est de 15 min, et ce procédé peut être effectué depuis un ordinateur grâce au modèle de gouvernance numérique estonien. On dénombre en Estonie plus de 400 start-ups (31 pour 100 000 habitants) pour la plupart spécialisées dans la FinTech (entreprises qui s’appuient sur les technologies pour repenser les services bancaires et financiers comme par exemple Transferwise).
Cette floraison de jeunes entreprises numériques est due aux choix des gouvernements successifs de ces trente dernières années qui ont joué sur tous les tableaux de la société avec :
Une éducation scolaire très axée sur le numérique dont l’excellent niveau permet de produire des spécialistes dans le pays. En 2015 l’Estonie se situait au 3ème rang mondial du classement PISA et au 1er rang européen.

Des relations Public-Privé très fortes, avec un secteur public encourageant constamment le secteur privé à se moderniser et à travailler en pensant au bien être du client. Les démarches étant simplifiées, les entreprises n’ont pas à penser à la faisabilité administrative ou légale, mais juste à la faisabilité technique. Le pouvoir législatif est même très adaptable par rapport à la réalité du marché et à ses nécessités (possibilité d’adapter les lois en fonction des besoins du secteur privé).
Une fiscalité avantageuse et simple pour les entrepreneurs avec un taux d’imposition de 20%, et une exonération de l’impôt pour les revenus réinvestis dans l’entreprise.
Mais aussi la politique incitative de l’E-résidence depuis 2014 pour attirer les talents étrangers et les investisseurs. Avec le statut d’E-citoyen obtenu en quelques semaines, les étrangers ont la possibilité de créer depuis leur pays, en ligne, une entreprise, obtenir un compte en banque ou encore signer des contrats. En 2019, on dénombre plus de 58000 E-résidents, ce statut ne leur donne néanmoins pas le droit de voter en ligne ou de résider sur le territoire.

Toutes ces politiques ont été le terreau qui a permis l’éclosion de nombreuses starts-up travaillant aujourd’hui avec les plus grands groupes pour façonner le monde numérique. Ces mesures n’ont pas pour but de permettre à l’Estonie d’engranger de l’argent mais plutôt d’étendre son soft power* à l’international pour s’y faire une place.
*Licorne : désigne une start-up des nouvelles technologies dont la valorisation atteint au moins un milliard de dollars et avec un potentiel de croissance très important. (définition du Dico du commerce international)
**Soft power : désigne la puissance d'influence, de persuasion, d'une entité (comme par exemple d’un Etat), sur un autre acteur. L’influence se fait par des moyens non coercitifs, et sans contraintes quelconques. (définition du Dico du commerce international)





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